Joie pastorale

Une grande joie pastorale

Je voudrais vous partager ce matin une des plus grandes joies pastorales de ma vie de prêtre : le baptême des grandes personnes. J’ai eu le bonheur cette année au cours de la vigile pascale de baptiser et de confirmer trois adultes, trois femmes, qui sont aussi trois sœurs. Je peux vous dire que leur joie a été pour moi la plus belle récompense, leur joie, celle des personnes qui les ont accompagnées et préparées à ce grand jour, la joie aussi de toute la communauté chrétienne. J’en veux pour preuve le nombre de personnes qui m’ont dit combien cette célébration pascale était belle, émouvante, prenante. L’invitation que j’ai faite, après ces trois baptêmes, à chaque personne présente de renouveler la grâce de son propre baptême et le geste de l’aspersion avec l’eau baptismale qui a suivi, avait cette nuit-là une consistance, une ferveur particulière.

Quelle bonheur pour une communauté chrétienne d’enfanter à la vie nouvelle du Christ ressuscité des grandes personnes et de les recevoir comme de nouvelles pierres vivantes pour sa construction. Là où une communauté sait accueillir les nouveaux baptisés de la nuit de Pâque, leur faire une place, et les aider à prendre part à la vie de l’église, quelle grâce pour cette communauté. Car les nouveaux baptisés ont un dynamisme de vie chrétienne qui réveille, une joie de croire qui illumine, et une fraîcheur de la foi qui fait du bien aux « vieux » baptisés de l’église. Si l’Eglise offre un trésor qui n’a pas de prix de la part du Christ aux adultes qu’elle baptise, les nouveaux baptisés, eux, sont un cadeau infiniment précieux que le Christ fait à l’Eglise qui les reçoit.

En ces temps où les communautés ont du mal à se renouveler, se dire  qu’il y a eu, en Côte d’or, 28 baptêmes d’adultes en 2022, et  plus de 4000  en France,  est un signe encourageant. Il en est de même pour les confirmations d’adultes qui ne cessent de croître (4342 confirmés en 2008, 6178 en 2013 et 8249 en 2021). Des signes qui nous disent que l’église est vivante aujourd’hui, qu’elle est encore capable d’appeler, et que son annonce de l‘évangile porte du fruit.

C’est sûr, l’église d’aujourd’hui n’est plus celle d’hier et celle de demain sera encore différente. Mais l’Église reste vivante et nous donne à voir des signes de vitalité qui nous incitent à la confiance. Rappelons simplement la parole de Jésus à Pierre : «  Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise et les forces de la mort ne l’emporteront pas sur elle. » Et cette autre parole aux disciples : « Je suis avec vous tous les jours  jusqu’à la fin du monde. »

B.C.