Rameaux

Les Rameaux.

Dimanche, ce sera la fête des Rameaux. De quoi s’agit-il ? Il s’agit au départ -nous le lisons dans les évangiles- de branches de palmier et de feuillages coupés, que la foule agite en signe d’acclamation, et dont elle jonche le chemin comme un tapis devant le Seigneur et sa monture. C’est l’entrée royale de Jésus à Jérusalem. Jésus qui vient prendre possession du trône de David. Il est acclamé comme le Messie que l’on attendait,  celui qui vient instaurer le Règne de Dieu. Ainsi nous lisons dans les textes : « Béni soit le Règne qui vient,  celui de David notre père…  Hosannah!  … Béni soit le roi d’Israël ».  Et nous,  quand nous portons nos buis, au début de la messe des Rameaux, et  que nous acclamons Jésus,  c’est bien  le Messie, le Sauveur, le roi de nos vies  que nous célébrons. Mais nos chants, en même temps qu’ils sont joyeux sont paradoxalement emprunts de gravité, car nous le savons bien : La foule qui, à Jérusalem, acclame en grande liesse l’entrée du Seigneur, cette même foule demain hurlera à corps et à cris devant le procurateur Pilate : A mort ! A mort ! Crucifie-le ! Le Messie, pour nous, c’est le Messie crucifié, celui qui nous sauve dans le don de sa vie. Ainsi nous célébrons le dimanche des Rameaux ET de la passion de Notre Seigneur ; et nous lisons ce jour-là le bouleversant récit du chemin de croix de Jésus. Mais comment tourner nos regards et nos cœurs vers la mort de Jésus, sans aussitôt penser à sa résurrection.  En effet, les deux sont pour nous devenus indissociables Celui que nous acclamons, c’est le Christ mort et ressuscité pour nous donner sa vie, et nous faire vivre de la vie éternelle, dès cette terre, et un jour dans la gloire du ciel. Nos Rameaux à nous, ce sont des buis, un feuillage qui ne perd pas ses feuilles en hiver, qui reste vert, symbole de la vie plus forte que la mort. Nos rameaux sont la fête de la vie éternelle!

Et nous rapportons les buis bénis à la maison. Ils prennent place sur nos crucifix : La croix du Christ est source de vie. La mort du Christ est chemin de vie éternelle. Nous aussi, il nous faut « mourir », ce que nous faisons spirituellement en donnant notre vie pour nos frères, mourir afin de vivre. Il y a une vie nouvelle dans le Christ pour tous ceux qui croient en Lui, qui l’écoutent et qui le suivent. Voilà ce que nous disent nos crucifix, ornés d’une branche de buis.

Et le buis que nous portons sur nos tombes : ils sont une profession de foi en la vie éternelle de nos défunts. Ils disent la vie par-delà la mort de ceux que nous ne voyons plus, mais qui sont bien vivants. Oui, la fête des Rameaux, c’est une belle fête. Le rite des rameaux de buis, c’est un rite qui a du sens. Notre humanité a besoin de gestes simples et forts en même temps, qui nous  parlent  de l’essentiel. Vive la fête des Rameaux !

Abbé Bernard CARD