« Lumière dans notre nuit »

 

« Lumière dans notre nuit »

En ces jours les plus courts et les plus sombres de l’année, je veux vous parler de lumière. En effet, nous risquons d’être gagnés par la morosité ambiante : il fait gris, il fait froid, il fait humide et chaque jour, la nuit arrive bien trop tôt. Personnellement, je n’aime pas trop cette période de l’année. J’y pensais hier en fin d’après-midi, quand m’est revenue cette phrase du prologue de saint Jean : « La lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. » Et je me suis aussitôt interrogé : Est-ce que dans ma nuit, je ne verrais pas briller la lumière ? Où peut bien briller cette lumière ? Et comment ? J’ai aussitôt pensé : si elle brille, c’est dans des petites choses … comme les toutes petites lumières de la guirlande qui vient d’être installée dans les arbres sous la fenêtre de mon bureau et qui font que la nuit n’est plus tout à fait la nuit… Les petites choses : ce sont les petites attentions de ceux qui m’entourent : « Comment va votre rhume ? Vous tenez le coup ? » C’est peu de chose. Mais ça réchauffe le cœur. Petite lumière encore que ce « fraternel », ce gâteau vendu par le Secours Catholique, fait pour le partage, et qui nous été offert par un paroissien. Ca réchauffe le cœur…

Il y a comme cela dans nos vies parfois un peu sombres de lassitude, de fatigue, d’ennuis au travail, de soucis en famille, des petites lumières qui s’allument. Encore faut-il que je n’aie pas les yeux levés au ciel à attendre je ne sais quel secours improbable, ou que je relève la tête baissée à regarder le sol tout aussi gris que le temps, pour voir ceux qui m’entourent, leur visage, leur sourire, leur main tendue, et entendre leurs paroles d’encouragement, de réconfort, de paix…

Depuis que Dieu s’est fait l’un de nous, ce n’est pas dans les nuages qu’il faut le chercher mais sur le visage de ceux qui m’entourent. Chacun est à sa façon icône du Christ qui me parle. Et m’adresse tour à tour une parole de réconfort, une parole de conseil, une parole pour me secouer quand je me laisse aller à ma torpeur… ou encore à ruminer ma peine… Elle est là, cette lumière dans nos vies, plus forte que les ténèbres qui ne peuvent pas l’arrêter. Car c’est ce que Dieu veut pour nous : un monde où la lumière chasse les ténèbres. N’est-ce par pour cela qu’Il est venu au plus noir de notre nuit ? Et moi, quand je m’ouvre aux autres, que je m’intéresse à eux, à leur vie, ne suis-je pas pour eux cette petite lumière qui éclaire leur visage et aussi le mien en retour ? La lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée…

Père Bernard CARD, curé